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Niger : Abdourahamane Tiani fait appel à Assimi Goïta et Ibrahim Traoré pour reprendre la main sur le Tillabéri

Face à l’enlisement de la situation sécuritaire dans la région du Tillabéri, le général Abdourahamane Tiani en appelle désormais à ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES), les présidents Assimi Goïta du Mali et Ibrahim Traoré du Burkina Faso pour enrayer l’expansion des groupes jihadistes à la frontière commune des trois pays.

Vaste zone stratégique à la jonction du Mali et du Burkina Faso, le Tillabéri est aujourd’hui au cœur de la tourmente. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique y multiplient les offensives, profitant des failles de l’armée nigérienne pour s’implanter durablement. Malgré les promesses de fermeté formulées après le coup d’État de juillet 2023, la junte peine à reprendre le contrôle de ce territoire clé.

Dès son arrivée au pouvoir, le général Tiani avait opté pour une gestion militaire de l’État : le 1er août 2023, il avait limogé les gouverneurs civils des huit régions du pays pour les remplacer par des officiers issus des rangs de l’armée. Un signal fort, censé traduire la volonté du nouveau régime d’imposer l’ordre et la discipline. Mais sur le terrain, les résultats tardent à se faire sentir.

Les pertes militaires se multiplient, les populations fuient les zones rurales, et l’autorité de l’État s’érode. Conscient de la gravité de la situation, Tiani mise désormais sur une coordination militaire régionale. Des sources proches de l’AES évoquent la préparation d’une opération conjointe destinée à reprendre plusieurs localités tombées sous la coupe des jihadistes.

Au-delà de la seule bataille du Tillabéri, cette initiative vise à affirmer la cohésion et la crédibilité de l’Alliance des États du Sahel, présentée comme le nouvel instrument de souveraineté face à la CEDEAO et à ses pressions diplomatiques.

Le Niger, le Mali et le Burkina Faso jouent ainsi leur avenir commun : celui d’un Sahel qui tente de se défendre, mais aussi de se redéfinir.

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