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Madagascar : des militaires en rébellion occupent la place du 13-Mai à Antananarivo

Un vent de révolte souffle sur Madagascar. Dans l’après-midi de ce samedi 11 octobre 2025, un groupe de militaires du Corps d’administration des personnes et des services de l’armée de terre (CAPSAT) s’est emparé de la place du 13-Mai, haut lieu des luttes politiques malgaches.

Leur action marque un tournant majeur dans la crise qui secoue le pays depuis plusieurs semaines. En fin de journée, la situation du président Andry Rajoelina demeurait confuse, certaines sources évoquant même un possible départ de la capitale.

⚠️ Une mutinerie née d’un cri de ras-le-bol

Tout a commencé dans la matinée, lorsqu’un communiqué publié sur Facebook par le CAPSAT a appelé les forces armées à désobéir aux ordres jugés illégitimes et à protéger la population.

« Nous ne sommes plus des soldats du peuple, nous sommes devenus des serviteurs du pouvoir », dénonçaient-ils dans un ton de défi.

Cette déclaration faisait référence aux violences meurtrières du 25 et 26 septembre, lors desquelles plus de vingt manifestants, pour la plupart de jeunes étudiants, ont perdu la vie selon les chiffres de l’ONU.

Rapidement, plusieurs unités de l’armée ont rallié les insurgés, tandis que des tirs sporadiques étaient signalés dans certains quartiers de la capitale. Les mutins ont cependant pris le contrôle du centre-ville sans grande résistance, sous les acclamations d’une foule euphorique.

🔥 Un pouvoir fragilisé et une rue en colère

La contestation qui secoue Madagascar a d’abord été d’ordre social : pénurie d’eau et d’électricité, hôpitaux défaillants, corruption endémique… Mais la répression brutale des manifestations a fait basculer la colère en revendication politique.

Aujourd’hui, une grande partie de la population réclame ouvertement la démission du président Rajoelina, arrivé au pouvoir en 2019 puis réélu en 2023.

Face à la montée de la tension, le chef de l’État avait tenté d’apaiser la situation en limogeant son Premier ministre, Christian Ntsay, et en nommant à sa place le général Ruphin Fortunat Dimbisoa Zafisambo le 6 octobre. Mais cette décision n’a fait qu’alimenter la défiance, perçue comme une manœuvre de survie politique.

⚔️ Des divisions au sein de l’armée

Le ministère des Forces armées a appelé les militaires à « rester fidèles à la République », mais la cohésion semble brisée. Certains régiments demeurent loyaux au président, d’autres se sont joints à la mutinerie.

Un officier interrogé sur la place du 13-Mai a lancé d’une voix assurée :

« Nous ne reculons plus. Ce pays appartient à son peuple, pas à un clan. »

🌍 L’ONU et la communauté internationale réagissent

Devant la gravité de la situation, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exhorté les autorités malgaches à éviter toute escalade et à garantir la sécurité des civils.

Les chancelleries étrangères surveillent de près l’évolution de la crise, redoutant un effondrement institutionnel dans un pays déjà miné par la pauvreté et les tensions sociales.

⚖️ Un tournant historique

Depuis les années 1970, la place du 13-Mai est le théâtre des basculements politiques majeurs de Madagascar. La mutinerie actuelle pourrait bien marquer une nouvelle page de l’histoire du pays, où les aspirations populaires croisent désormais le désaveu d’une partie de l’armée.

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