Le Conseil des droits de l’homme a décidé lundi 6 octobre, à Genève, de prolonger d’un an le mandat de la Mission d’établissement des faits au Soudan, lancée en 2023. Cette mission est chargée d’enquêter sur les violations des droits humains depuis le déclenchement, il y a deux ans et demi, du conflit opposant l’armée régulière soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Cette décision intervient alors que le conflit se poursuit et continue de provoquer d’importantes souffrances pour la population civile.
Une situation humanitaire préoccupante
Au Darfour, dans l’ouest du pays, le siège de la ville d’el-Fasher, qui dure depuis près de dix-huit mois, inquiète la communauté internationale. Les violences ont particulièrement touché les camps de déplacés de Zam Zam et Abou Shouk, entraînant le déplacement de 400 000 personnes et aggravant la menace de famine pour des milliers d’habitants.
Par ailleurs, le Kordofan, dans le centre du Soudan, est également le théâtre de combats récurrents. Le Conseil des droits de l’homme dénonce des attaques des FSR contre des villages du nord de cette région ainsi que des frappes de l’armée sur l’hôpital Al-Mujlad, à l’ouest.
Rôle de la Mission d’enquête
La Mission documente les crimes commis par toutes les parties, afin de garantir que la responsabilité reste au centre de toute solution durable au conflit soudanais, a rappelé Hassan Shire, directeur exécutif de l’ONG est-africaine DefendDefenders.
Dans son premier rapport, publié en septembre 2025, la Mission avait déjà signalé des crimes de guerre imputés aux deux camps et des crimes contre l’humanité attribués aux FSR.
Lors du vote du 6 octobre, le Soudan s’est opposé à la prolongation de la mission.



















